Transformation digitale : qu’est-ce qui a vraiment changé en 5 ans ?

Transformation Digitale

Le digital a envahi nos vies. Depuis une décennie, on assiste à un bouleversement culturel, économique et social qui contraint les organisations à s’adapter. Et, en 2018, 81 % des ETI avaient amorcé leur transformation digitale numérique, selon une étude KPMG. Ces cinq dernières années, cette évolution à marche forcée a provoqué une véritable « digital mania » au sein des entreprises, et ouvert de nombreuses opportunités. Mais voilà : beaucoup d’entre elles ont fait de la digitalisation un étendard, sans pour autant comprendre réellement de quoi il retourne. Alors, qu’est-ce qui a vraiment changé en cinq ans pour les entreprises ?

Le vrai sens de « transformation digitale »

Ce qui a changé, c’est que les entreprises ont pris conscience du vrai sens qui se cache derrière cette expression courante et volontiers galvaudée. Au sein des directions et des DSI, on comprend que la dématérialisation des documents et l’implémentation d’outils innovants ne suffisent pas à lancer une véritable « transformation ». Mettre en place un chatbot qui dit « bonjour » et « merci », c’est bien, mais ça ne fait pas de votre organisation une championne de la digitalisation !

On peut y voir une « quatrième révolution industrielle » ou la « troisième révolution anthropologique majeure » (dixit Michel Serres), l’idée est identique : la digitalisation n’est pas une évolution naturelle, mais un changement de paradigme. Elle contraint les organisations non pas seulement à s’adapter, mais à se réinventer. Parce que la transformation digitale, loin de se limiter à l’intégration des nouvelles technologies, englobe tous les aspects de l’entreprise : activité, stratégie, processus métiers, production et distribution, collaborateurs, clients. C’est un vrai défi pour les entités traditionnelles qui, n’étant pas nées dans le bain digital, souhaitent néanmoins rester compétitives dans ce nouveau monde.

En somme, il ne suffit pas de mettre à jour son logiciel : il faut changer complètement de système d’exploitation. En cause, la transformation des usages, qui précède (et rend indispensable) la transformation des entreprises. Car le consommateur est l’épicentre de ce séisme numérique. En France, 92 % de la population utilise Internet, et 81 % des utilisateurs recherchent des produits/services en ligne (Forbes). De plus, le smartphone est désormais l’équipement privilégié pour naviguer sur le web : 51 % des internautes sont en réalité des « mobinautes » (Baromètre du numérique 2019, Arcep). De sorte que la digitalisation des organisations est indispensable pour continuer à communiquer avec les prospects et clients.

51 % des internautes sont en réalité des mobinautes

Les grands changements digitaux de ces 5 dernières années

Mais quelle digitalisation, exactement ? Ces changements d’usage ne sont pas nouveaux. Les révolutions que sont les smartphones et les réseaux sociaux ont eu lieu plus de dix ans en arrière – une éternité à l’échelle du digital. La notion de webmarketing existe depuis plus longtemps encore, et les stratégies afférentes ne sont que des briques supplémentaires. Alors, quels sont les vrais changements induits par la transformation digitale des entreprises ces dernières années, ceux qui contribueront à modifier en profondeur les organisations pour les décennies à venir ? Nous en avons dégagé trois.

La dématérialisation des outils

La transformation digitale d’une entreprise se limite trop souvent à créer un site web et à envoyer des newsletters. Or, la vraie « transformation » réside dans la dématérialisation : celle des applications et des solutions utilisées au quotidien par les collaborateurs. À ce titre, voici les grandes évolutions que l’on peut constater :
 

  • l’essor du Cloud computing, qui permet à une entreprise d’accéder à ses services et à ses données en ligne, de se débarrasser d’une infrastructure lourde et coûteuse, et de gagner en souplesse autant qu’en sécurité. Cela repose sur des infrastructures de services à distance (serveurs, réseaux), des applications SaaS et des plateformes applicatives (PaaS). Le seul marché du SaaS est ainsi passé de 69 milliards de dollars en 2015 à 157 milliards de dollars en 2020 (statista.com).
  • la dématérialisation des processus de signature, grâce à la mise en place de réglementations et de référentiels adaptés aux besoins des entreprises en matière de sécurisation (eIDAS, RGS, etc.).
  • le développement de la mobilité, ou la possibilité offerte aux collaborateurs de travailler depuis n’importe où, et d’accéder aux outils/documents via des plateformes collaboratives. L’essor du télétravail en pleine crise sanitaire n’a fait que renforcer cet enjeu.

L’optimisation des processus métiers

La transformation digitale passe par la mise en place d’une organisation plus souple et plus collaborative : tel est l’enseignement que l’on peut tirer des cinq années passées. Dans ce but, il faut optimiser les processus métiers de l’entreprise, une démarche connue sous le nom de Business Process Management (BPM).

Les processus métiers sont au cœur du fonctionnement de l’entreprise : ils permettent de structurer son organisation, d’orienter le déroulement de ses activités, d’affiner ses stratégies, et d’intégrer les nouvelles attentes des clients. Rendues possibles par l’action des logiciels adaptés (outils BPM), la modélisation des processus internes et la vision globale qui en résulte sous la forme de workflows sont les clés de leur optimisation… et du gain d’agilité.

Bien plus que l’amélioration continue des logiciels de gestion (ERP, CRM…), c’est l’éclosion des outils BPM qui marque une vraie rupture dans la notion de transformation digitale ces dernières années.

La création de nouveaux métiers

C’est en regardant les organigrammes que l’on évalue les grands changements structurels qui secouent les entreprises. En moins d’une décennie, on a vu fleurir nombre de professions qui n’existaient pas auparavant (data scientist, case manager, consultant en cyberrisque…) pour répondre aux nouveaux enjeux du numérique. Un challenge à part entière pour les organisations, qui doivent dénicher de nouveaux talents ou inciter leurs collaborateurs à acquérir eux-mêmes ces compétences (80 % des salariés des PME et des ETI se disent prêts à être formés dans un contexte de transformation digitale, selon le cabinet PwC – source : FranceNum).

Mais le métier ayant eu le plus d’impact ces dernières années est celui de Chief Digital Officer. Le CDO est le vecteur de la digitalisation des entreprises. C’est lui qui rend possible cette transformation dans son sens le plus large : intégration des nouvelles technologies, recherche d’agilité, optimisation des processus métiers, invention du business model de demain, adaptation de l’entreprise aux besoins et attentes des clients, sensibilisation et implication des collaborateurs. Un agent du changement devenu incontournable : en 2018, 15 % des grandes entreprises avaient déjà recruté ou nommé un CDO (Gartner).

En cinq ans, le paysage digital n’a pas été bouleversé. Ce qui a changé, c’est la façon dont les entreprises s’y positionnent : en cherchant à se fondre dans le décor, à s’intégrer aux nouvelles réalités dans lesquelles évoluent leurs collaborateurs, leurs clients et leurs partenaires. Le vrai changement, en somme, c’est le développement d’une forte culture digitale au sein de l’entreprise, condition sine qua non pour tirer pleinement parti de la transformation numérique.

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